Interview par New Times (Jan 2013)

Yasmine Yousaf admet qu’elle est extrêmement WET

Krewella est un groupe d’electro-house-dub-party-sex né dans les rues venteuses de Chicago. Et avant que la SPA ne pête un câble, ils ne tuent aucun chaton, mais mon dieu qu’ils détruisent tout avec leurs beats.

Leur EP Play Hard, sorti l’été dernier, leur avait permis de « Killin’ It » dans tout le pays, et dans les charts 2012. Ils ont d’ailleurs récément bougé sur Los Angeles pour enregistrer le tout premier album.

Comprenant les soeurs chanteuses et parolistes Yasmine et Jahan Yousaf, soutenues par le maître producteur Rain-Man (aka Kris Trindl), ce trio s’est fait un nom en tant qu’ambassadeurs des fêtes de la planête BASS. Mais leur dynamique réelle est bien plus profonde et complexe que les fans pourraient le croire. Nous avons eu le temps de parler avec Yasmine pour parler de ça avant qu’ils « Get Wet » au Club Cinema, le vendredi 25 janvier.

New Times : Alors, est-ce que tu es Wet là, tout de suite ?

Yasmine Yousaf: Tout de suite ? Extrêmement. Tu ne pourrais surement pas le gérer.

Qu’est-ce que veut dire « Get Wet » pour ceux qui ne le comprendraient pas ?

Eh bien, nous prenons ça et le mettons à toutes les sauces . Evidemment, ça peut faire penser à un truc sexuel. Mais c’est aussi parce que, quand on finit nos shows, on transpire énormément. Il n’y a vraiment aucun autre moyen de le décrire. Nous sommes complètement trempés. Et d’une certaine façon ça représente notre façon de vivre, avoir la rage, faire des trucs de fou et vivre passionément. Se tremper, sauter. C’est tout.

« Going Hard » est une grande partie de votre responsabilité en tant que producteurs, DJs et performers. En quoi ça consiste ? Qu’est-ce que vous buvez ? Qu’est-ce que vous faites

Quand on en vient à faire la fête, notre dope reste définitivement le Whisky. Une fois que le whisky part, c’est fini, aussi loin que le DJing puisse aller. C’est ce que quelqu’un m’a dit il y a un an et demi, Nick, un de nos très bons amis, et c’est vraiment gravé en moi.

Nous avons fait un show à Avalon à LA avant qu’il y ait vraiment ce buzz à propos de nous. Nous faisions la dernière partie des Bingo Players et la salle était complètement blindée. Alors on commence, et personne ne sait vraiment qui on est. Mais la salle reste blindée parce que les gens sont curieux et veulent voir ce que ça peut donner. Là je me suis dit « Tu sais quoi, on s’en fout, on y va à fond et on leur fait vivre la nuit de leur vie ». A la fin du show, toute la salle dancait et nous étions complètement trempés. Nous arrivions à peine à respirer, nos coeurs battaient super vite. On est partis et Nick était là  » Wow, je dois être honnête. Il y a des DJs qui partent et qui ne transpirent pas une seule goutte, ils sont genre normaux. Mais vous, vous arrivez même plus à reprendre votre souffle. J’ai ce truc auquel je pense toujours : si tu ne sors pas du set ou de la performance en transpirant et avec le coeur qui bat à fond, c’est que tu ne t’es pas mis à 100% dedans. Tu n’as pas tout donné au public. » Et ça m’est resté depuis.

Vous êtes trois là-dedans. Comment est la dynamique dans le DJ booth (la cabine/scène) ?

On part sur une base de ce qui va se passer, mais une fois qu’on est en live, ça part vraiment en sucette. En gros, on doit tout faire à la volée. On finit par faire tout ce qu’on sait faire. Je dois dire que c’est vraiment cool de faire ça avec deux autres personnes parce que tu peux sauter sur la table et genre crier « Miami, what the fuck is up?! » Nous passons vraiment des bons moments, on transpire à fond, on mixe nos sons préférés et c’est donnant-donnant. Notre show hybride va aussi bientôt arriver, du chant et du live et ça va être totalement différent.

Comment ça se passe lorsque vous êtes en studio ? Comment est-ce que vous faites pour être aussi créatifs que possible ?

Eh bien, de façon générale, Kris est le producteur et nous sommes les parolistes/chanteuses. Mais ça n’est jamais vraiment ça. Soit Kris nous envoie un son, soit on est déjà dans le studio, et moi et Jahan écrivons quelque chose, parfois ensemble, parfois non. Nous créons des lyrics et les posons sur les beats et puis Kris va dire « C’est de la merde, on change la mélodie ». Il est vraiment bon parce que parfois Jahan et moi restons bloqués dans notre vision sans pouvoir s’aider entre nous. Il arrive et nous donne une nouvelle vision globale du son.

Parfois aussi, c’est nous qui allons plutôt vouloir changer la musique. On va être là dans le studio ou à distance, genre « change ce kick » « ça devrait sonner différemment, ajoute un snare ici ». Ce sont des petites choses qui nous aident parce que c’est vraiment dur de faire de la musique tout seul. On a toujours besoin d’une seconde opinion, et c’est pour ça qu’on est là. D’ailleurs on est un peu méchants en général, genre « C’est à chier, change ça ». Au bout du compte, on a des sons qu’on aime vraiment et qui nous passionnent et c’est ça l’important. 

C’est comment de travailler avec ta soeur ?

Tout le monde me demande toujours ça en pensant que je vais répondre « on se bat toujours c’est nul » mais c’est vraiment génial. Parfois on se bat bien sûr, mais avoir sa famille dans le travail et dans ce qu’on fait tous les jours est vraiment gratifiant, parce que la famille est vraiment ma priorité dans la vie. Je me sens bénie de pouvoir travailler avec ma soeur. Elle est probablement la personne qui m’inspire le plus dans ma vie. Elle me pousse toujours plus loin pour que je crée de la meilleure musique et que je travaille plus dur et c’est surement la personne que j’aime le plus au monde. J’adore travailler avec elle.

Toi et ta soeur êtes très séduisantes. Est-ce que vous rencontrez souvent des fans un peu fous qui vous font des demandes en mariage bizarres ?

On en a a peu près toujours. Ma soeur en a plus, elle est en or. D’ailleurs, c’est marrant-c’était pas grand chose mais je ne l’oublierais jamais- mais nous avons été à Red Rocks cet été avec Savoy. Nous avons fait une interview radio avant le set à Denver et un auditeur appelle en disant « Yasmine, j’ai une question pour toi. » Je dis, okay, t’as l’air vraiment sérieux, vas-y ! Et il me dit « J’ai besoin de ta bénédiction pour épouser ta soeur ce soir. » Je sors « Tu sais quoi ? Oui. Je te donne ma bénédiction. Je célébrerais le mariage. » Et pendant le show, j’oublie l’histoire mais à la fin, ce jeune garçon arrive avec cette fausse alliance. C’était vraiment fun, donc on l’a fait. Jahan a vraiment rendu sa nuit inoubliable. C’était mignon. Evidemment, ils ne sont pas marriés, mais c’était mignon.

2012 était une énorme année pour vous. Qu’avez-vous appris ?

Lire tout du début à la fin et avoir un juriste pour vérifier avant de signer. C’est vraiment un truc important. Aussi, toujours rester proche de ses racines. En travaillant sur l’album, nous étions parfois dans le studio avec des gens avec qui nous n’étions pas vraiment sur la même longueur d’onde et nous avions besoin de forcer un peu les choses. Maintenant que j’y pense, alors 2012 finit et que 2013 commence, je me rend compte que c’est une perte de temps de faire quelque chose qui ne nous correspond pas. Il ne faut pas perdre de temps dessus. Tu faisce qui te fait du bien et qui semble bien quand tu fais de la musique et tu auras de bonnes conséquences. 

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