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Krewella chez DJZ – 21 décembre 2012

krewella by rukes.comCrédits photo : Rukes.com

Ils ont partagé des apparts, finissent quasiment leurs phrases ensembles et sont maintenant partis pour un tour du monde.

Les soeurs Jahan et Yasmine Yousaf, accompagnées du producteur Kris Trindl, ont été poussées sous les projecteurs plus tôt cette année, envoyant leur son dans toutes les oreilles du Monde peu de temps après la sortie de leur premier EP, Play Hard. Peu après, l’EP était remixé par des artistes comme Chuckie, KillaGraham et Dirtyphonics. Ils ont de grands espoirs et de gros projets pour 2013 – ceci incluant la sortie de leur album complet et un son avec Benny Benassi – mais arrivent toujours à faire de la place pour leurs amis et pour prendre du bon temps.

Nous nous sommes posés avec Krewella avant qu’ils montent sur scène à San Francisco avec Borgore et 12th Planet, à la fin de 6 mois de concerts. Et quand on pense qu’ils n’ont jamais pensé faire des shows…

Krewella by Rukes.com

Crédits photo : Rukes.com

DJZ : Vous avez été très occupés ces derniers temps. Prêts à souffler ?

Jahan: Nous allons prendre une pause, mais pas vraiment nous reposer. Nous ne serons plus sur la route mais nous continuerons à travailler. Nous avons hâte de bosser sur notre album et nous allons le faire de janvier à février.

Yasmine: Peut-être jusqu’à mi-mars.

DJZ : Vous arrêterez vraiment de faire des shows ?

Yasmine: Non, pas vraiment.

Kris: Nous ferons des shows tous les week-ends.

Yasmine: En plus de bosser sur le nouvel album.

DJZ : Avez-vous une date à nous donner pour la release de cet album ?

Jahan: Nous n’en avons pas pour l’instant, peut-être courant de l’été.

DJZ : Vous avez quelque chose d’autre de prévu pour cette année ?

Jahan: Ultra ! Oups…

Kris: Oui ! Nous avons quelques trucs de prévus (rires).

Jahan: Eh bien, rien n’est confirmé donc nous ne pouvons pas en parler. Mais je dirais… Définitivement l’album et quelques collaborations sur lesquelles nous travaillons.

Kris: Nous travaillons avec Benny Benassi sur un nouveau son et ça va être énorme.

DJZ : Ça sera un remix ?

Yasmine: Non ! Que de l’original.

DJZ : Super ! Vous faisiez quoi avant votre premier EP ?

Jahan: Nous bossions comme des tarés. On bossait ensemble depuis 2007, et au début, nous étions tous les trois dans les études avec des jobs à mi-temps. Puis nous avons fini par arrêter les études et quitter nos boulots pour nous lancer dans la musique à fond. Mais jusque là, on a développé notre son et on s’est simplement créé un énorme catalogue. Donc, quand on a sorti notre EP, on a simplement pris les sons qui nous représentaient le mieux.

DJZ : Combien de sons avez-vous fait ?

Yasmine: Mon dieu, c’est à Kris qu’il faut demander !

Kris: Je suis pas complètement d’accord ! Je ne pense pas que l’EP était fait de nos meilleurs sons. Je pense que c’était plutôt, on fait un son et puis on était genre « faisons-en un autre », et encore un, et encore un. Depuis 2007, on avait bien du faire 50 sons, que des trucs qui nous étaient venus comme ça. On a essayé beaucoup de genres. On a tout essayé de manière à savoir ce qui nous plaisait le plus. Et quand on a produit « Strobelights », on était là « OK, on a qu’à le sortir ».  Après ça, c’était « One Minute », « Killin’ It », quelques remix et pour finir, Play Hard. C’était juste un son l’un après l’autre.

Krewella by rukes.com

Crédits photo : Rukes.com

DJZ : Quand est-ce que vous avez commencé vos shows ?

Yasmine:  Juillet 2007.

Kris: L’été dernier non ? (en même temps)

Jahan: En fait c’était un peu bizarre. On a toujours anticipé avec notre musique, et ces shows étaient déjà « prévus » vu que les gens nous réservaient et qu’ils voulaient nous voir en live. Après « One Minute », les gens ont vraiment commencé à demander à nous voir, donc nous avons appris à « être » des DJ.

DJZ : Qu’est-ce qui inspire vos paroles ?

Yasmine: La vie en général, des expériences quoi. Pour notre récent single « Come And Get It », on est allés au studio et on s’est demandés « comment on se sent aujourd’hui ? ». Et puis il y avait des trucs qui se passaient pour lesquels Jahan et moi se sentions vraiment concernés. Nous sommes soeurs, donc on partage beaucoup d’expériences. La plupart du temps, on écrit simplement ce qu’on ressent. Parfois, c’est juste extérioriser un sentiment, de rage, de joie ou de tristesse.

Kris: Ou de sexe.

Yasmine: Ou de sexe !

Jahan: Ouais, la plupart du temps quand on va au studio, soit on a rien et on part de zero, soit on a un beat de base sur lequel partir. Mais la question qu’on se pose toujours, c’est « comment on est aujourd’hui ? ». Est-ce qu’on a envie de faire la fête ? Est-ce qu’on se sent sexy ? Est-ce qu’on a envie d’écrire un truc émotionnel sur les relations ? On analyse toujours nos pensées avant de se lancer.

DJZ : Vous avez tous fait des études ?

Kris: Ben, tu vois, on a cette date, le 8 juin 2010. C’est la date où Yasmine à eu son bac et où Jahan sortait de la fac. Je la poussais a arrêter et on était là « Yasmine, va pas a la fac ! » (rires). Dès que Yasmine a eu son bac, c’était parti. Jahan, tu as fait de la communication non ?

Jahan: Ouais, communications puis média de masse. J’ai fait 2 ans d’études.

Kris: Ouais, moi 2 ans et demi en ingénierie son.

Jahan: Kris était un vrai nul par contre.

Kris: Oh, j’étais le pire ouais !

DJZ : Et quand vous séchiez les cours ?

Kris: Je faisais de la guitare. Ma vie entière c’est ça : jouer de la guitare toute la journée. La nuit aussi. J’ai raté des cours, ait été en colle, puis suspendu, c’était plutôt moche. Mais j’étais pas un méchant, j’allais juste pas en cours.

Jahan: Yasmine et moi avons écrit une lettre à notre père pour lui expliquer notre décision d’arrêter nos études.

Yasmine: C’était effrayant.

Jahan: Mais très bien écrit. Je dois toujours l’avoir dans mes mails. On lui expliquait qu’on ne voulait pas finir dans une routine dodo-métro-bureau et regarder plus tard notre vie en souhaitant avoir fait autre chose. Et on ne le regrette toujours pas !

Yasmine: C’est clair.

Krewella by rukes.com

Crédits photo : Rukes.com

DJZ : Votre père a respecté votre décision ?

Jahan: Ben, il est très sérieux.

Yasmine: Ouais, au début il était très déçu, mais nos parents sont le meilleur soutien qu’on puisse demander. Ils sont extra.

DJZ : D’autres sons comme celui avec Benassi arrivent aussi ?

Kris: Nous avons plusieurs projets de collaborations avec d’autres artistes.

Jahan: On a le droit d’en parler ?

Kris: Je pense pas. Je veux pas faire de problèmes !

Yasmine: Pour certains, c’est juste quelques échanges de son et donc rien d’officiel. Beaucoup de ces artistes sont aussi en tournée et c’est quelque chose de long. Quand ils vont en studio, ils nous envoient un son, on le remix et peut-être qu’on leur renvoie quelque chose, donc c’est plutôt long.

Kris: Ouais, Les remix, c’est vraiment du spontané. On entend un truc ou je fais un beat rapide, ça arrive quoi. Un nouveau son sort, et on est là « c’est le bon ! ». Mais on a essayé plusieurs fois et on était là « ah, non en fait c’est pas super » et on décidait de ne pas les sortir.

DJZ : Est-ce dur d’être une femme dans une scène dominée par les hommes ?

Yasmine: Je pense que ce n’est plus un problème aujourd’hui. Au début c’était genre « wow des meufs DJ ! ». Et puis les gens en faisaient tout un plat. Mais maintenant, je pense qu’une fois qu’on fait nos preuves et qu’on commence à se faire connaitre en tant que groupe, c’est plus vraiment important de savoir si homme ou femme. L’important c’est l’artiste. Tu vois ? Ça devient un tout.

DJZ : Qu’en est-il des vocals en direct ?

Jahan: On en a fait en Australie pour Stereosonic. Nous avons fais un set hybride là-bas, avec du DJ et du livre. C’était super ! Nous en ferons encore pendant le printemps.

Kris: Ca fait partie des gros trucs qui vont venir cette année.

Jahan: Nous ferons du live à tous les festivals et gros shows.

Yasmine: Pour ensuite s’intégrer progressivement dans notre autres plus petits shows. J’ai hâte !

DJZ : Des conseils pour rester clair sur une grosse tournée ?

Jahan: Mon dieu !

Kris: Ouais (rires), on essaye aussi de trouver comment faire.

Jahan: On a tous nos moments de tarés. J’ai envie de dire « mangez sain, faites du sport, ne buvez pas » mais je serais une grosse hypocrite. Mais on est jeunes pour l’instant, et si dans quelques années on veut être comme Benny Benassi, alors on se lèvera surement à 7 heures du mat’ pour se faire un footing.

Yasmine: Et il le fait fait vraiment !

Kris: Une fois après un show, j’étais encore levé dans la nuit, je descends prendre le petit-dèj de l’hôtel et il était là en jogging genre « Salut mon pote ! Je fais juste un petit fooing. ». Et il est là en train de manger du yaourt et du granola et moi « Oh merde ». Pendant ce temps, moi je mange des oeufs et des saucisses parce que j’ai bu toute la nuit.

Yasmine: Ça va surement nous revenir dans la gueule. Je sens que le problème serait qu’on arrive pas à le gérer et qu’on tombe dans un cercle vicieux. Espérons qu’on s’en rende compte assez tôt.

Jahan: Je pense que c’est important de rester avec des gens capable de t’équilibrer. Il y a des gens qui vont parfois te rendre fou mais tant que tu es avec des gens proches de toi, ça passe. Si j’étais seule sur la route, je ne sais pas ce que je ferais. Il faut vraiment avoir quelque chose pour te supporter.

DJZ : Quel a été le catalyseur pour votre succès de cette année (2012) ?

Jahan: Chaque release et chaque son avait son but. Mais notre équipe est d’accord pour dire que Killin’ It a été le son qui nous a donné l’attention suffisante pour rentrer dans la communauté de l’EDM.

Kris: C’est marrant parce qu’on se trimbale ce son depuis plus de 3 ans. Je n’arrive pas à trouver une analogie, mais pendant tout ce temps nous avons complètement changé le son. Nous avons changé les paroles mais c’est toujours le même son et le même tempo qu’il y a 3 ans. C’était vraiment un travail de longue haleine, pas directement ce chef d’oeuvre qu’on a sorti. Mais ça a commencé et finit de façon complètement différente. Donc c’est cool que les gens aient aimé. En plus ce sont de bonnes paroles !

Jahan: Nous ne savions vraiment pas quelle serait la réponse du public. Nous ne pensions vraiment pas que Killin’ It serait cette musique. C’était aussi la première fois que nous faisions un visuel. Nous avons payé 45$ une vidéo et c’était brut, sans vraiment de préparation. Nous avons juste dit à nos potes de Chicago de venir avec nous marcher dans les rues. Yasmine et moi avons sorti nos vers. C’était juste… très brut. Ca a été filmé dans le quartier où nous vivions et où nous avions créé l’EP Play Hard. Cette vidéo a beaucoup de signification pour nous.

DJZ : Donc vous viviez tous ensemble ?

Kris: Pendant 10 mois, ouais. C’était un truc de fou ! Une expérience… tumultueuse., je dois dire.

Jahan: Nous les appelons les jours sombres.

DJZ : Vous vivez encore ensemble sur la tournée.

Kris, Yasmine, and Jahan: Mais maintenant nous avons nos propres chambres !

Interview traduit de l’anglais depuis l’article chez DJZ : Krewella: Dropping out and blowing up!